Un article sensasse

Publié le 2 Mars 2016

On fini toujours par essayer de se vendre.

 

Je me rappelle d'un temps où les réseaux sociaux c'était comme internet des débuts, c'était le Far West, no man's land indistinct où nous défrichions le futur pixel par pixel. Nous étions là pour le sexe, le fun, la liberté d'expression et foutre en l'air le vieux monde. J'ai fermé les yeux une seconde et voilà que nous arpentons les nouveaux trottoirs numériques, formatés, césurés, censurés, autocensurés, tous fagotés par paquet de deux ; mètre étalon du couple modèle, juste ce qu'il faut de hype mainstream pour dévoyer le temps, présent et futur.

 

Nous voilà devenu V.R.P d'un monde sans tain à vendre notre intimité et même pas au plus offrant. On se vend pour exister dans un geste immense de grandeur et de grotesque. Nous sommes advenu au paroxysme du consumérisme ; nous n'avons plus les moyens d'acheter le sentiment d'exister alors on se vend histoire de ne pas se sentir trop longtemps exclus du navire marchand ; échafaud du commerce pour une mise à mort en règle d'audimat. Ici plus qu'ailleurs nous sommes devenus pire que des virus, nous sommes devenus le cancer d'un média mort-né ; chaque statut, chaque image, chaque tweet métastase le réseau et notre masse ingrate de suffisance crasse grossie un peu plus.

 

Il y a plus d'homme sandwich sur les réseaux que de femmes prises en sandwich dans tout le porno d'internet et ce n'est pas peu dire. Et moi, avec ma sauce et mes légumes, ma tranche de gras et le bras armé de mon bacon je ne vaux pas mieux. Je veux mon clic, je veux mon heure de gloriole lamentable, moi aussi je veux re tuer Warhol et bafouer la pudeur en faisant porter bien haut le lait écrémé que je tire des mamelles de mon âme ; ce jus blanc et laiteux que dont je m'abreuve aux seins de ma prétention dérisoire, ambition délirante.

 

Et demain, entre deux rôts sonores comptez sur moi pour venir mendier à mon tour le fruit de vos deniers, comptez sur moi pour racoler le temps étroit de votre attention et attirer sur moi opprobre qu'aujourd'hui je jette à la figure des gens.

De la mendicité au racket il n'y a qu'un pas que j'aime saisir

De la mendicité au racket il n'y a qu'un pas que j'aime saisir

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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