Le fleuve de boue numérique

Publié le 4 Mars 2016

J'ai l'esprit qui coince ; incapacité à penser, donc à écrire, donc à vivre ; incapacité à sentir le monde, à me sentir en vie, à me sentir vivant ; c'est terrible, je voudrais, j'ai juste assez de conscience pour réaliser que ça ne vient pas, rien ne se passe, c'est comme si j'avais une pierre dans le crâne, une grosse pierre de la taille d'une cervelle en matière grise et flasque,, une pierre grise, calcaire sans intérêt, sans rien de précieux ; j'avais déjà une roche à la place du cœur, pas du magma, pas du feu, juste un cailloux qui ne bat pas ; et ce matin une autre dans le crâne, c'est sûrement mieux et sûrement pire que des calcules quelque part là où ça fait mal, là ça fait juste rien, juste la tête lourde qui sombre sous la surface d'une possibilité ; ni vie, ni envie, ni libido, ni pulsion, juste la force de l'habitude ; je suis peut-être un chien à l'écriture pavlovienne, hier je me voyais grand, hier j'avais mille idées et autant de projets à faire entrer dans des pages d'écriture qui allaient être à coup sûr des morceaux de choix comme ceux que l'on trouve chez le bouché. Et puis ce matin, plus rien.

 

Hier je voulais encore créer mon être, me façonner un personnage d'écrivain sincère, je voulais puiser dans une idée romanesque ma posture de romancier, je voulais même foutre en l'air roman et romancier et être autre chose, être comme dieu, créatif ou créateur, et ne pas limiter ma dénomination à un genre réduit de créations ; et puis ce matin, plus rien.

 

Je reste là, en chien de fusil, à regarder couler le grand fleuve de boue numérique en espérant qu'un remous fasse jaillir à ma face une interaction humaine qui me sorte de là.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Je est un Blog

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