Avant la nuit

Publié le 9 Mars 2016

Il y a du bruit de fond pour la pensée du monde. Je ne sais pas si le monde est plus compliqué actuellement qu’avant. Je ne suis pas sûr que le monde soit devenu plus complexe maintenant que dans un autre temps et pourtant il me semble qu’il est de plus en plus difficile de faire l’effort d’une réflexion critique au sujet du monde et de ces actualités.

 

Il y a tellement de bruit de fond, les figures d’intellectuelles ont disparues et les pôles politiques n’offrent plus de cap idéologiques ; plus rien n’éclaire la pensée et pourtant la civilisation nous accule de faits et d’évènements à penser. Paradoxe d’un temps qui explose sans que nous puissions le contenir par un appareil critique.

 

La pensée a rompu sous les coups de butoirs d’un paysage médiatiques où le pathos et les déments sont libres d’inonder l’espace de la vacuité de leurs paroles. D'un côté il y a la gauche qui se bat contre elle-même pour se convaincre qu'elle est pas qu'une somme d'idées éclectiques et qu'elle couve encore une idéologie forte. Portant elle devenue hermétique à la notion même d'idéologie. Elle préfère faire l'autruche et se détourne d'une revendication assumée de ces choix politiques. Difficile alors pour l'homme citoyen moyen de penser, peser et faire infléchir sa pensée au contact d'une pensée de gauche grevée par sa propre déliquescence.

 

De l'autre côté il y a la droite qui se répand et multiplie ses candidats comme en son temps Jésus les pains distribués à sa droite. Tous ils sont fiers d'être convaincus d'incarner une voie nouvelle et neuve. Petits souverains fielleux qui se répandent en j'ai changé, je suis le renouveau, le nouveau, la nouvelle, je suis la voie de la droite des droites et ils maudissent la déliquescence de la gauche qui récolte les pensées scories d'une société ivre. Difficile alors pour l'homme citoyen moyen d'arquer sa réflexion le long de l'arc idéologique d'une droite qui n'a plus d'armes, seulement des cannes à pêches.

 

Tellement de bruit pour rien, tellement de coups de butoir qui viennent s’écraser sur ma pensée que petit à petit je sens que je recule. J’ai cru pendant la moitié de ma vie au moins que la force d’une idée pouvait sauver un homme et par extension sauver le monde. Je me suis battu seul contre moi pour forger une pensées et appréhender le monde avec un semblant de justesse objective en supposant que ça donnerai à ma parole une force relative. Mais tout ceci est vain et moi je devrais mieux aller me coucher.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #Réflexion

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