Dépasser mes contraintes obsolètes

Publié le 16 Février 2016

Lorsque j’ai décidé de me lancer en écriture je ne savais rien. C’est à peine si je savais écrire.

Je me suis lancé et j’ai défriché empiriquement l’acte d’écriture et la manière dont il faut ou dont on peut intégrer ce geste créatif à sa vie. Je n’avais pas de repères, pas de savoir faire, juste une passion pour l’analyse, les mots, écrire et peut-être une certaine capacité à l’abnégation dès lors que je fais une chose que j’aime.

Si on se débrouille toujours pour écrire, savoir comment gérer le fait d’écrire ça c’est autre chose. C’est en dehors, ça sort du chant de la passion, c’est un domaine étranger et pourtant c’est le pilier de tout cet engagement d’écrire. Après avoir compris que je voulais écrire, j’ai compris - enfin j’ai appris à comprendre au contact des autres personnes qui se sont engagées  comme moi sur le chemin de l’écriture - que ce n’était pas l’écriture le sens de ma vie ni même ma passion. Ce qui fait sens et qui passionne mon âme c’est la créativité, l’acte créatif et l’écriture est seulement un des outils avec lequel je suis plus ou moins à l’aise et celui que j’ai choisi d’utiliser le plus régulièrement.

Cet outil je l’affûte. Depuis des années je m’astreins à tenir ce blog au rythme d’au moins un article par jour pour cette raison, travailler ma plume. Mais ce projet chronologique et chronophage ce n’est pas le seul que j’ai bien heureusement. Et si j’écris cet article c’est pour me parler de cela, parce que je suis le lecteur le plus assidue de mon blog.

Des projets j’en ai, plusieurs, en même temps sur le feu. Pendant longtemps j’avançais à tâtons, dans le chaos et le noir, sans prioriser, sans répartir mon temps ; tout en force, en fatigue et à l’instinct. Mais même l’instinct ça s’use. J’ai appris alors - toujours avec l’aide des paroles extérieures - à organiser mon temps, à faire tenir un agenda et donc à prioriser mes projets. J’ai découpé ma vie en tranches d’écritures assignées à trois de mes projets précis, roman, poésie, vécugraphie. C’était les trois directions cardinales de ma créativité ; trois axes inscrits dans le numérique des agendas qui structuraient mon temps.

Et ça a fonctionné, un temps en tout. Malheur ou chance j’ai l’esprit qui fourmille, bouillonne et qui accouche souvent d’idées qui me plaisent, d’autres mort-nées et au bout d’un moment elles viennent se coller aux projets principaux, comme des vampires, des sangsues, mon esprit ne sait plus les retenir et je me perds en conjectures coupables sur quand et comment je dois les aplatir sur le papier. Idées d’article pour mes blogs (pas celui-ci), idées de nouvelles, idées de textes réagissants à l’indigence de l’actualité, idées de mondes à développer et les projets que l’on croise au hasard de la vie et sur lesquels nous voudrions nous greffer.

Aujourd’hui mon agenda bien utile est remplie de contraintes obsolètes, soit parce que les œuvres sont avancées et qu’elles ne nécessitent plus autant de temps, soit parce que d’autres envies / idées occupent mon esprit. Aujourd’hui je dois réapprendre l’empirisme de ma créativité pour avancer. Inconsciemment et consciemment, avoir priorisé trois projets m’a conduit à éprouver de la culpabilité quand mon esprit divague ou digresse sur d’autres idées et l’effet pervers que je m’impose c’est de ne pas écrire sur ou avec ces idées neuves tant que je n’ai pas terminé les anciennes. Sauf que la culpabilité me rend improductif et ma créativité se vrille.

Je dois apprendre de manière neuve à organiser mes passages à l’acte comme on planifie une énième bataille.

De mon agenda je ne vais garder que les cases, mais je vais les vider de leurs névroses thématiques. Je ne vais garder que des tranches de vies où écrire, d’autres pour brainstormer et d’autres pour les à côtés. Et quelque part dans un nuage toujours accessible je vais établir la liste d’entrée de mes projets.

Une colonne pour les évoquer tous, les grands, les petits, les malingres et les fous, tous, quelques mots pour dire qu’ils existent, et je ne devrais jamais refuser d’y inscrire une idée à l’intérieur ; projet de livre ou d’article, d’œuvre ou d’art, tout y aura sa place.

Une colonne pour les étapes accomplies vers la réalisation de ces projets. Et s’il n’y a pas d’épates particulières pour la réalisation d’un projet, le projet lui-même, ceux qui seront dans la colonne de cette liste seront les projets en cours d’accomplissement, sur le feu.

Une colonne, la plus difficile pour moi, celle des projets terminés.

Je m’imposerai de ne pas mettre de hiérarchie dans les projets de la première colonne, sauf s’il y a une date butoir, dans ce cas là j’imposerai une nomenclature esthétique pour que je les identifie rapidement. J’envisage aussi de mettre la date d’entrée des projets dans cette colonne. Et je me laisse aussi la liberté de créer une quatrième colonne cachée, celle des projets éliminés, une poubelle secrète pour me soulager des certains projets et peut-être plus tard venir en ressusciter certains.

Si j’en suis venu à cette méthode c’est avant tout à cause de ce blog. Et c’est même pour cela que j’en fais un article. Parce que cette contrainte quotidienne est un vrai problème parce que je garde mes bons mots pour les autres choses, et pourtant je me dois de mettre ici des mots tous les jours. Je ne sais quelle place, quelle hiérarchie donner à ce blog. Alors, je me relâche un peu l’étau dans lequel j’ai figé mes jours dans des cases de créativité dédiées à tel ou tel projets je me dis que ma plume sera peut-être de nouveau libre de venir ici comme l’oiseau pondre autre chose que ma médiocrité.  

Cette image n'a aucun rapport avec le texte, mais lorsque j'illustre un article c'est souvent que je compte le partager sur les réseaux, j'essaie donc de mettre une image un peu racoleuse, c'est à dire érotique et troublante pour créer de la curiosité. Et puis moi je non fumeur j'ai une grande fascination pour les photos de fumeuse.

Cette image n'a aucun rapport avec le texte, mais lorsque j'illustre un article c'est souvent que je compte le partager sur les réseaux, j'essaie donc de mettre une image un peu racoleuse, c'est à dire érotique et troublante pour créer de la curiosité. Et puis moi je non fumeur j'ai une grande fascination pour les photos de fumeuse.

Rédigé par Monsieur C

Publié dans #écrire, #créer

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