Tu ne comptes pas les mots toi ?

Publié le 2 Janvier 2016

Je ne sais pas si toi lecteur tu imagines comme le principe de ce blogue est contre productif, contre instinctif et que plus généralement le principe de venir chaque jour écrire un article différent à partir d’une page blanche est une conception de l’écriture qui est à l’opposé de ce que peut et devrait être la littérature. L’écrivain, aussi prolixe soit-il, sait qu’il peut travailler dans la durée le même matériau, c’est ce qui rapproche l’écrivain de l’artiste, il compose son travail sur de longues durées autour du même matériau, le bronze, la peinture, l’argile, le marbre ou dans le cas de l’écrivain une idée de texte, de nouvelle, de roman, de narration. Dès lors qu’il tient son idée, idée qui peut se référer à une forme d’inspiration mais qui souvent relève plutôt de l’obsession, alors il peut travailler et faire acte d’écriture. Il n’a pas à s’angoisser de l’idée, de l’inspiration, de ce qui sera son sujet ou son thème ; quand il tient sa ligne directrice ou éditoriale il peut focaliser son esprit sur une production purement littéraire, chercher ses mots, tourner ses phrases, écrire, c'est-à-dire tout réécrire après son premier jet, puis le second, puis le énième. Ce que je fais ici, venir chaque jour écrire un article c’est l’opposé de cela, c’est recommencer le pire passage de la condition d’écrivain tous les jours depuis plus de six ans. C’est du masochisme qui donne naissance à de la médiocrité. Je devrais m’astreindre une ligne éditoriale, une histoire, un thème, un style, qu’importe mais je devrais peut-être m’astreindre à me choisir une ligne directrice pour ne plus patauger dans la perspective du qu’est-ce que je vais pouvoir écrire et pouvoir écrire pour de bon ici comme je le fais ailleurs.

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #Digression

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