Mon gros Data dans ma gueule

Publié le 26 Janvier 2016

J’ai l’impression que c’était hier le temps où l’on s’offusquait en direct dans la boite à télévision que nos smartphones à pomme, riches de leurs intelligences, stockaient nos données de déplacement grâce à leurs GPS et enregistraient les commandes vocales dictées à Siri par des consommateurs que l’on soupçonnait d’être plus con qu’acteur de leurs existences. Aujourd’hui j’ai la sensation que ce frisson de peur et de postures outrées que l’on prenait encore hier n’est qu’un lointain souvenir erroné, une invention de mon imagination devenue instable.

Hier nous hurlions de peur que Big Brother puisse ancrer ses velléités de surveillance voyeuriste sur notre société et sur nos si précieux et utiles téléphones intelligent ; nous faisions encore semblant d’avoir peur du big data de ce grand frère si pressant qu’il pouvait sembler incestueux.

Pourtant hier, et les jours d’avant, j’ai découverts par hasard en essayant de retirer l’habillage Star Wars avec lequel j’avais décoré Google ce que Google conservait de moi ; c'est-à-dire tout. Si le big data avait été une notion un peu abstraite j’aurai été mis nez à nez avec son corps. Un corps concret et gras alimenté de toutes mes recherches, tous mes déplacements, les vidéos que j’ai vues, les commandes vocales enregistrées et restituées, mes achats, tout ce qui a pu passer par l’entremise d’un logiciel Google était là, bien ordonné, rangé, organisé et disponible juste pour moi, c’est ce qu’ils me disent.

Le big data ça amuse les gens un peu comme le croque mitaine, si tu n’es pas sage un jour le big data viendra croquer toutes les données que tu laisses sur internet pour les manger, les digérer et sûrement les chier en des données utiles à quelqu’un. Mais quand on se rend compte que le croque mitaine est là, même plus à sa porte, mais dans son salon j’avoue que ça fout une claque.

Merci Google, maintenant je sais tout de moi, je n’ai même plus à avoir de souvenir de où j’étais ni ce que je suis allé y faire, tu es là pour ça, tu es là pour moi, souvient moi l’été dernier Google.

Il est là le vieux gros data en papier à la papa

Il est là le vieux gros data en papier à la papa

Rédigé par Ceci est un blog

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