Diarrhée dollar

Publié le 21 Décembre 2015

Fondu au noir.

Fondu au temps.

Fondu à l’espace.

Sur le plan de travail c’est un nouvel écran d’ordinateur et devant l’écran un vieux clavier maltraité dont deux touches sont manquantes. Plus précisément deux touches ont été détruites à coup de poings quand la colère à fait irruption chez lui. En lieu et place de la lettre P il a donc bricolé avec la touche utilisé pour verrouiller le clavier numérique et en lieu et place de la touche à accent circonflexe il a bricolé avec une touche slash. Cela donne à son clavier une forme de patine cryptique. Quand il le frappe il est chez lui, nez au mur, dos à la fenêtre, et ce soir il est un écrivain sale. Il colle son ventre gras sur le plan de travail.

Il est dans son jus, depuis ce matin il ne s’est pas changé, il ne s’est pas douché, à peine s’est-il brossé les dents comme s’il ça pouvait l’aider à respirer mais à part cela il a le cheveu gras, sa peau est épaisse, sa bouche est pâteuse avec assez de matière sédimentée à l’intérieur pour que l’amère des cigarettes puisse construire de vraies petites usines goudronneuses.

Le cendrier compte les minutes, les cafés comptent les heures.

Tout est plus simple chez soi, loin des cafés de province, loin des voyages intérieurs, loin des vacances et du déracinement artificiel que l’on s’inflige. Chez lui il se colle à son travail avec naturel, il va au charbon, il pointe, fait les trois huits, c’est ce qui donne du sens à sa vie ; le sentiment du travail fait.

Ce soir il résiste aux mauvais jeux d’écriture, l’écrit-vain c’est devenu kitch plus vite que le lol.

Son plan de travail est long de plusieurs mètres, même si l’écran au milieu est très petit, c’est comme cela qu’il respire en déposant ces idées autour de lui. C’est virtuel et métaphorique mais ça lui est utile, même quand il est médiocre il se sent utile à sa vie quand il entrepose ses idées en espérant qu’elles germent.

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