Diarrhée dollar

Publié le 13 Décembre 2015

Il ne va pas pleurer, même pas craquer. Il est l'auteur de l'écrivain qu'il veut être ; il brille au paradoxe ridicule de ses intentions comme le firmament de l'ampoule qui grésille dans la lampe du bureau et qui brûle les ailes de quelques suicidaires noctambules. Il a passé au moins une journée entière là, à la table, au bureau, à la mine et au charbon, attelé au clavier comme le bœuf à la charrue et les chiens aux traîneaux qu’ils charrient sur une piste bordée de chardons ardents. Il a peut-être passé plus de temps qu’une seule journée attablé à écrire, peut-être mille heures et quelques jours de moins, peut-être un peu moins que sa vie, quand il se réveil de son état de semi-transe, semi-prose, il fait nuit par le fenêtre et nuit partout dans la maison et dans le silence.

Il a l’écriture amère, grevée par la faim et raidie par la morsure brutale de la chaise en bois qui refuse de plier sous l’inertie aliénée de ce cul alimenté par son gouffre stomacale qui a faim, encore faim, sans cesse faim. Et il aime ressentir cela, comme le sportif qui éprouve dans la sueur et les courbatures les traces de l’effort, il lui faut ses stigmates de l’abnégation pour se sentir avoir écrire. Il n'est pas à la cherche du tube de l'été, mais il est ce tube de chair qui le parcourt ; bien sûr il aurait aimé pondre le tube littéraire d'un été ou d'une saison vendeuse, il aurait voulu vendanger le pognon à la venue de l’automne et partir se mettre au vert pour de bon se vider la tête et se refaire une énergie de littérature. Paradoxalement, parce que le paradoxe est au cœur de son œuvre et de son d'être à la vie, il refuse d’aspirer à ce qui lui ferai sortir de sa condition de misérable ; il le dit, il n'a pas les épaules pour assumer un best seller dans une maison d'édition avec pignon sur rue. Ce n'est pas ce qu'il veut, mais c'est ce dont il aurait besoin.

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