Dialogue avec la machine

Publié le 23 Décembre 2015

Je ne suis pas la machine, mais la machine me traduit. Elle est parfois trop littérale cette machine. Pourtant virgule souvent elle me surprend elle anticipe elle corrige elle envisage mais surtout elle écoute. Plus précisément elle apprend à m'écouter elle apprend ma langue ce qui pour elle signifie qu’elle apprend ma voix, et bientôt si je continue à parler à son oreille la machine saura qui je suis, la machine sera ce que je suis point.

Je dialogue autant avec la machine qu'avec moi même, j'apprends moi aussi à l'anticiper j'apprends à comprendre ce qu'elle comprend de moi-même et ce n'est pas une chose aisée de parler à la machine. Pourtant sur des phrases, sur des phrases que je regarde être écrites sans moi je suis surpris que cela se passe sous mes yeux, par ma bouche juste entre ma bouche et l'écran de la machine.

Peut-être que la prose qui s'écrit est une prose de robot, peut-être est-ce moi le robot, peut-être que la machine est un bon robot et que moi-même je suis un robot. Marcher dans le futur c'est peut-être cela, peut-être que marcher dans le futur c'est marcher avec sa bouche, peut-être que marcher dans le futur c'est marcher sans ses mains, c'est marcher sans regarder où l'on pose la bouche, c'est une marche sur un fil qui a disparu.

Et si actuellement mes mots sont saccadés, c'est que pour le moment ma prose est handicapée d'être aussi peu inspirée, et je dois comprendre que je ne suis pas prêts pour ce futur, alors faut-il que je me considère comme un homme du passé incapable de faire face à ce qui est l'oracle de ce futur, la machine qui se tient devant moi dans ma main est presque dans ma bouche pour traduire ce qu'il y a dans ma tête ?

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #écrire, #Réflexion, #futur, #SF

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