Diarrhée dollar

Publié le 2 Novembre 2015

[…] Dans la chambre étriquée, derrière des murs de quatre-vingt centimètres d'épaisseur, il s’est installé sur un bureau trop petit pour sa grande carcasse, il n’est à son aise ni dessous, ni devant, bien loin qu’il est des maisons blanches ou des baraques bleues taillées à la classe américaine. Mais écrire est l’art de l’abnégation, il emboîte ses genoux qu’il coince sous le bois à la patine sans âge. Il se courbe pour mieux apercevoir dans l'entrebâillement de la fenêtre un peu de ce réel rude de village. Ses doigts rôdent comme des charognards autour du clavier et en préambule il se pose, encore, la question de son écriture, sans trop essayer de se penser écrivain. Il hurle un juron comme un tonnerre souterrain pour maudire ce foutu paradoxe de la posture. Puis la maison re-sonne silence, les battements de cœur de l’extérieur ne transpercent pas les murs de pierre ; son crâne sonne creux, il n’y a que le grésillement de l’ordinateur pour sonner ses trompettes d’écrivain en mode écriture automatique. S'il veut échapper à une mort certaine, écrasé par l'enjeu qu'il s'impose, il lui faut écrire quelque chose maintenant, tout de suite, une chose qui ne soit pas son épitaphe. En même temps ça ne lui a jamais posé de problème d'écrire, pour lui ou pour échapper à la mort c’est pareil, un même combat qui confond ligne de front et ligne de cahier. La problématique nouvelle qu’il a emportée dans ses cahiers de vacances c’est que maintenant il est convaincu que ce qu'il écrit tout le monde peut l'écrire. Mettre des mots les uns derrière les autres on apprend cela à l'école primaire. Écrire comme un écrivain c’est prendre une posture que tout le monde peut prendre. La posture du médecin tout le monde ne peut pas se la permettre, bien qu'en se disant cela il réalise que c'est ce que font nombreuses de ses connaissances toujours promptes à devenir bon conseiller médical … Mais écrire, écrire c'est trouver une place crédible et légitime quelque part entre Victor Hugo et le gamin de sixième qui raconte ses vacances à Pallavas les flots bleus. Bien sûr les professeurs sont plus facilement sensibles à la poétique d'un Hugo qu'à la valeur poétique d'un gamin de sixième, pourtant on ne peut pas rompre la filiation entre l'un et l'autre. Bien sûr il a assez de conscience pour savoir la vérité qui dit qu’il n’est pas Hugo. Mais il n'est pas non plus pas assez dupe pour se prétendre gamin de sixième même si dans de nombreuses de ses nouvelles n'ayant pas trouvées preneurs font intervenir des jeunes personnes, lolita ingénue ou pauvre petit con. Puceaux et pucelles étaient par période tellement récurent dans ses nouvelles que l'on aura eu vite faire de le taxer d'écrivain à tendance pédo-déviante ; mais il aurait fallu pour cela que ses nouvelles trouvent à être éditées par un éditeur avec deux ballons à la place des testicules. […]

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