L'autre conscience

Publié le 9 Octobre 2015

C’est au départ de la rue qu’il attend l’autre. Dans le loin d’un horizon fort peu probable, il regarde les énormes nuages, des masses de gaz se mouvant d’une lenteur implacable. Ceux de ce soir sont roses, irisés de bleu, de mauve et de gris. Il est là depuis de longues minutes, les nuages depuis de longs mois, il a été surpris au départ de voir ces masses peser sur la ville, lui le campagnard, le petit Provincial monté à la ville imposer son don aux sphères arraisonnées. Il trouvait cela menaçant, angoissant, un ciel sous le ciel, des nuages sous les nuages. Il n’est pas installé depuis assez longtemps dans la ville pour ne plus remarquer ces volutes gazeuses gigantesques circonvoler sur la ville. Mais s’il n’a plus peur il reste fasciné, il voit dans ces formes mobiles quelque chose qui ressemble aux circonvolution de la matière grise logée dans nos crânes. Quand il regarde cette pollution maintenant il voit une cervelle, celle de la ville, et il est convaincu qu’elle pense. Que chacune des évolutions des courbes de ces masseuses gazeuses est une pensée, un souvenir ; plusieurs mois que la pollution ne quitte plus le ciel, et si c’était l’émergence d’une conscience ? Entre dieu et eux, un nuage en nuance de microparticules qui se seraient réorganisées de manière à conduire l’impulsion d’une pensée. C’est sûrement la ville qui pense. Il est en sûr et à chaque fois qu’il peut lever le nez à ce ciel il cherche à y percevoir la pensée.

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Publié dans #ébauche, #SF

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