Et ce soir il pleut.

Publié le 12 Octobre 2015

Aujourd’hui encore lorsque je marche sous la pluie, de nuit et sans parapluie, je repense à elle. L’odeur de l’eau sur mes vêtements, le bruit de l’eau et l’expérience solitaire de marcher sous la pluie, ça me ramène à elle. Plutôt ça ramène ma conscience à un instant précis qui remonte au temps du lycée, une fin de journée d’hiver quand la nuit tombe tôt, j’avais quitté les cours et je devais tuer le temps, la solitude et l’ennui en marchant dans la rue sans parapluie, engoncé dans ma veste plus tout à fait étanche, la tête ruisselante. Je me souviens que j’éprouvais alors à ce moment précis un sentiment de pouvoir, une forme de contrôle de la liberté, je frôlais les gens qui marchaient invisibles sous leurs parapluies et moi je me sentais vivre. Trempé mais vivant. Et à un moment donné, sur un espace de trottoir que je pourrais resituer précisément même si depuis la rue a changée, je l’ai croisé elle,la fille. J’avais déjà fait d’elle le fruit de convoitise secret, silencieux et discret de mon amour, je n’avais pas attendu de la croiser sous la pluie pour faire d’elle une muse qui s’ignore. Mais à ce moment là je l’ai croisé, comme moi elle ruisselait, elle marchait sans parapluie dans le sens inverse au mien. On s’est croisé, la ville mouillée reflétait les lumières du soir sur le sol ruisselant. On s’est croisé, elle m’a regardé, on s’est sourit en se disant une banalité et chacun a reprit son trajet solitaire. Depuis ce soir là, la pluie, la ville, la nuit quand ces choses là se rencontrent me rappellent ce souvenir amoureux, érotique, fugace et fantasmé.

Rédigé par Ceci est un blog

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