Juste moi

Publié le par Ceci est un blog

Une fois de plus, je suis habillé sous la toge du poète, une énième fois s’écrit là devant moi et devant vous la prose, le voile et la fumée à soi-même, c'est-à-dire la prose que je dresse devant moi pour me cacher de vous. Je fais ça bien, c’est ma zone de confort, mon plaisir couplable, pourtant ce soir j’éprouve ce qui s’apparente à une pulsion de parler de soi, et cela même si je suis réticent à la biographie, écrire sur moi, écrit de soi, de ses maux ou de ses angoisses ; j’emmerde les journaux intimes et l’écriture qui se complaît mais j’en éprouve l’envie, là, dedans, à l’intérieur de moi, une voix à exprimer à l’extérieur sans être sûr de savoir ce que cette voix dirait ou dira. Est-ce que je vais avoir le courage de le faire ? Non, je ne le ferai pas, pas par manque de courage, mais en me retranchant derrière une prétendue ligne éditoriale, joyeux prétexte. Que dire, rien, c’était annoncé à l’avance, je garde cela pour la correspondante mystère qui saura recueillir mes mots comme on récolte la sève de l’arbre à caoutchouc ; quoi que je dise cela mais que j’imagine mal me faire écorcher pour que l’on récolte ma sève. J’ai la nostalgie d’avant, des débuts, du temps où je ne pensais rien de tout cela, où tout venait dans la fougue d’une non conscience des choses. J’étais libre quand je ne savais pas ce que j’écrivais ni pourquoi je le faisais, la pulsion est liberté et je ne suis plus libre, je ne suis qu’un pauvre esclave devenu pathétique parce que conscient de sa condition ; quand on ne sait pas qui nous sommes nous sommes libre de pouvoir ignorer notre médiocrité. Et cette phrase-là est moche, je veux dire la précédente, celle-ci aussi certainement même si elle n’est pas encore finie.

Déchirez-moi

Libérez-moi

Désirez-moi

Sauvez-moi.

Puis doutez de tout, doutez donc de moi.

Publié dans Je est un Blog, egotrip

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