La fin du monde avait bien lieu

Publié le 23 Août 2015

[...] Sous l’égide de la présence impressionnante de ce bâtiment aux lignes métalliques gargantuesques qui rompait avec les mythologies architecturales auxquelles l’humanité s’était référée par son passé, le destin du monde ne se dessinait plus. L’instinct si précieux de l’humanité avait perdu de sa vigueur et l’esprit de préservation cédait face à l’entropie naturelle des choses ; la mort en grand format, formation épique pour un raide définitif sur les derrières résistances. Les intérêts privés d’une poignée de personnes scellaient ainsi la fin de la civilisation sous le poids d’injustices dont elle ne se relèverait plus. À la surface de la Terre une dernière guerre aux accents nucléaires grondait et explosait comme le final glorieux d’un feu d’artifice. Sous la surface des yeux nus virus, bactéries et radiations menaient à la victoire l’ultime conflit invisible ; dans un élan individuel immodéré les hommes mouraient, et des effets de ces morts la Terre sombrait dans la désolation. Seule restait donc debout dans son linceul immaculé de technologie la sauvegarde de l’humanité. Au cœur du bâtiment énigmatique, dressé fier et neuf comme au jour de son inauguration, la machine reliée à tous les regards mécaniques, automatiques, aux optiques synthétiques des caméras du monde entrain de passé de présent à trépas la méta humanité regardait disparaître sa version originale. L’éternité avait donc ce goût-là, entre amertumes distanciées et indifférences mélancoliques ? Pouvait-il en être autrement ? La fin de cette civilisation était inéluctable, comme toujours, comme pour les autres, comme à chaque fois, l’homme échouait et le monde se dérobait.

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Publié dans #recyclage, #SF

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