Et la vie dans les bordels de provinces

Publié le 13 Juin 2015

Dans le calme relatif d’une nuit partisane je regarder tomber. La pluie tombe. Le chat pourrait tomber si sa maîtresse jeune et mince ne lui disait pas de faire attention avec sa voix rauque. Par le vent frais et l’air humide je regarder tombe les heures et les gouttes d’eau de pluie qui dessinent comme des traits obliques dans la lumière des réverbères. Je la regarde tomber, la pluie qui tombe, mais je l’écoute aussi la pluie, je l’écoute tomber, avec patience et minutie je tends l’oreille à chuchotement irrégulier qui dit quelque chose comme la voisine disait calmement à son chat de ne pas se pencher ou il risquerai de tomber. Savait-elle que les chats n’écoutent personne et qu’au cas où le sien, plus propice à l’attention sociale que les autres, l’avait écouté il n’aurai rien comprit parce que lui est chat et elle est femme. Et moi, est-ce que je sais que le bruit que fait la pluie en tombant n’a de sens que pour les souvenirs que cela évoque en moi et qu’aucune raison ne pourrait décrypter le moindre souvenir dans le vacarme silencieux d’une ville sous la pluie. Oui, je le sais, on sait tous des choses que l’on ignore volontairement. Et après ? Et avant ? La vie n’est que question de cela.

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #écrire, #Divagations diverses

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