Acide ville

Publié le 7 Juin 2015

Aujourd’hui j’y vais. Je balance mon déséquilibre dans la rue, mon corps chancelant ouvre la ville en deux, il titube sous le linceul de chaleur et de température écarlate qui suinte par les pores dilatés de ma peau et par ce ciel bleu livide qui surplomb la scène de son désespoir monochrome. C’est une ville libérée qui zigzag sous mes pas, je marche en elle, boulevards ouverts et soulagés des culs ambulants des bêcheurs et bêcheuses restés prostrés à l’intérieur des armatures de béton où ils se réservent, bien à l'abri dans leurs conditions prisonnières climatisées. Des rues vides où je ne frôle que les fils de fer des silhouettes accablées dont l’image des corps a été comme aspirée par un subit appel d’air ; trop de lumière pour qu’il n’y ai que des ombres, le zénith blanchi jusqu’au bitume des routes et les autruis dont je croise la présence s’agitent mollement comme des formes délavées et flasques, fruits d’un jeu d’eau qui gondole l’aquarelle aux coins de mes yeux. La sueur en rivières verticales se perd en moi ; la canicule comme une pluie d’orage purge les villes des corps superflus contre des trottoirs rendus libres jusqu’à l’heure où les lueurs artificielles viendront éclairer les pas des putes et des clients

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #écrire

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