Il y a la gorge écrasée et le reste, coupé.

Publié le 19 Mai 2015

Tu écrase ma gorge avec tes talons plats, véritable massacre de mes entrées d'air frais. Avec tes longs doigts de métal cerclés tu enserre mon crâne, c'est une prise en tenaille ouvragé, une cage de rouille et d'acier que tu assois sur mon visage. Tu piétine mon ventre de tes poings serrés, habilement remués ils installent dans mon corps l'arc choc de tes coups portés.

 

Il n'y a pas de guerre larvée, pas de front sans sang versé. Il n'y a pas de joute oratoire tant que les cadavres tombent autour de nos danses énervées.

 

Je tue trop de fois les poupées de chiffons qui hantent ma psyché pour me détourner quand tu vois en moi un charnier. Le chant du coq est là et l'aube c'est levée. Une auberge ravagée et les rives du fleuve noyées sous des tombereaux déchiquetés se souviennent de nous. Demain, hier, on dressera une statue au lieu même des boucheries. Un peu de métal pour toi et du bronze pour moi, je suis un érudit de sang mitigé et toi une déesse drapée dans ses excès. Et le peuple piteux, spectateurs impromptu, ne saura jamais que caresser du regard nos grandes ostentations.

 

Une cage dorée et un ring de boxe, la ferveur de tes poignets et la rigueur de tes poings. L'invasion est terminée, la conquête est en cour ; brins de lumières et d'aciers pour te couronner dès ce soir.

 

C'est le corps d'un homme dévoyé qui scrute son horizon à la recherche d'un espace, un esprit, un espoir qui fera poindre autour une autre odeur de crasse.

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Prose, #poésie, #Divagations diverses

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