Debout devant la télé dans la nuit

Publié le 24 Mai 2015

Il se lève, seul dans la nuit et il allume la télévision. Scène de dépression, un homme seul dans la nuit qui trompe la solitude devant son amante télévisée, veuve de tous les solitaires des mondes contemporains. Mais il n’est pas triste, pas plus qu’il est déprimé, il est seulement fébrile et peut-être un peu euphorique. S’il allume la télé c’est pour regarder du sport, dans la nuit, en direct, évènement du bout du monde et cet instant de télévision c’est sa madeleine. Lui c’est moi, moi ma madeleine c’est de regarder des évènements sportifs en direct la nuit, seul ou pas devant ma télévision. Cela débute durant l’été de 1991 ; championnats du monde d’athlétisme de Tokyo, Carl Lewis, Mick Powell, le décalage horaire et une ferveur toute particulière. Allumer la télé le soir, hors habitudes, en famille, avec une attente électrique et la sensation dans mon souvenir d’enfant, de jeune adolescent d’être en devant un moment hors norme. Je ne suis pas assez vieux pour avoir connu le jour où l’homme à marché sur la lune, mais je suis assez vieux pour me souvenir du jour où Mike Powell a sauté 8m95. Le sport à la télé le soir c’est différent, c’est un moment de ferveur intime, personnel, entre le rite secret et l’instant intime ; c’est plus fort que le sport du dimanche après-midi, sport de famille, de masse, de foule, c’est plus précieux que le sport du soir, 21 heure en prime time, le sport divertissement. Se lever dans la nuit et aller chercher un moment à part c’est se créer sa propre mythologie, son culte, ses mythes. Seul debout dans la maison à 4 heures du matin on se sent investi de quelque chose d’unique, l’unique témoin qui devient pour ceux du matin le porteur de parole, le raconteur d’histoires. Tokyo 1991 championnats du monde d’athlétisme, 1966 jeux olympiques d’Atlanta et de Nagano et ainsi se construit ma mythologie.

Et aujourd’hui quand je mets mon réveil à 03h00 du matin pour regarder la finale de la conférence Ouest de NBA je suis un homme fatigué et heureux.  

Comment oublier ?

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Je est un Blog, #Sport, #mélancolie, #temps

Repost 0
Commenter cet article