Poésie à trois pieds

Publié le 3 Avril 2015

Au final je délaisse tout, il ne reste que l’écrit

Je me déleste des cris et de l’inessentiel barbarie

Je ne bande plus que les mots, la langue étrange de l’entre soi

Jouet girond qui passe de mains en bouches et dont je dois détourner la loi

D’une grande évidence mon œuvre chienne et louve s’écrit par le retrait

Le tri, l’épure, la réduction à l’essence même d’une esquisse et quelques traits

Je suis un poète les bras en croix sur le charnier de mes langues mortes

Pesant chaque victoire sur le recul de mes barrières et d’autres notes

J’écris mon génocide comme avant moi des symphonies

Sans geindre ni accabler je me rends fier et libéré des proses mortes et puis honnies

En baronnie des interlopes j’ai pour muses quelques charognards

A qui je laisse chaparder les lambeaux noircis de feuilles de cauchemars

J’enfouie ma main de plumes et d’os dans le tronc noir des terres arides

J’ai mon fétiche au poignet qui s’enroule comme une odeur fétide

Le facteur temps est décédé, la floraison et décidée

Le maître en bois et l’homme de paille, la dame de fer martèlent des idées

Je suis le baron fou enfin repu qui danse une valse démodée

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Publié dans #poésie

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