Le roi Lézard est de retour

Publié le 23 Avril 2015

 

La faille dans le creuset de notre réalité formait une sorte d’arc, un arc de cercle à la perception légèrement ondulante et irisée dans l’air frais de la fin d’après-midi. L’imperceptible lumière qu’elle dégageait ne troublait pas l’atmosphère crépusculaire de ce désert de pierre. Le jour déclinait lentement avec la plénitude des choses séculaires et je m’étais caché à l’abri de gros granite rouges pour observer la faille. Depuis des semaines des femmes disparaissaient dans la région, paysannes, jeunes fermières, c’était en passe de devenir problématique.

Après à peine quelques minutes de planque un grésillement d’intensité variable se faisait entendre. Et sans que je puisse formellement le voir en sortir, le roi lézard se tenait sur son trône volant juste devant la faille. Il ne pouvait pas venir d’autre part que de cette anfractuosité lumineuse dans notre réalité. Objectivement le roi lézard n’avait rien réel, en tout cas rien de réaliste. Il faisait bien deux mètres de haut, peut-être trois, il se tenait debout comme un homme. Son corps de reptile était enserré d’une armure de plastique, de métal et de technologie qui m’était inconnue. Sa gueule de lézard géante avait tendance à m’hypnotiser, comment une telle créature pouvait-elle se tenir là dans mon monde, perchée sur un trône mécanique flottant à quelques mètres du sol maintenant en l’air silencieusement par une technologie inconnue ?

Après quelques instants d’immobilité, comme si cet attelage incongru devait s’habituer à sa présence dans mon monde, le roi Lézard brandissait son sceptre impie et une forme ressemblant à un œil de serpent se dressait à l’avant du trône qui se mettait en mouvement. C’est à ce moment-là que je réalisais que le roi Lézard était entouré par trois femmes à la silhouette humaine. Elles portaient des casques qui cachaient leurs visages, elles portaient aussi des combinaisons dans un tissu moulant très transparent qui ne cachaient quasiment rien de leurs anatomies ; c’est ainsi que le reconnaissais Sylvie, une jeune fermière pour qui j’avais depuis longtemps des désirs qui m’avaient conduit à l’observer nue à son insu. Or un homme ne doute jamais quand il est face à face avec le fruit de son fantasme, c’était bien elle.

Mes peurs se renforçaient. Le roi Lézard venait sur nos terres pour braconner nos plus jolies femmes. Autour de l’impressionnant lézard les trois femmes s’affairaient activement, elles semblaient libres et agissantes de leur plein grès. Est-ce que cela signifiait que le vil roi à l’aide de sa technologie inconnue avait pu prendre le contrôle de ces pauvres âmes ? Etaient-elles tombées amoureuses ? Je devais les suivre pour en apprendre plus.

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