La grande dans la petite

Publié le 18 Janvier 2015

Autofiction à l’encontre de soi, à contre-sens de soi, comme une marche arrière dérapée dans le sillon sablonneux de la recherche de soi. Hier encore il écrivait sa vie rêvée, sa vie enviée, cette vie qu’il enviait comme on désir la femme de son voisin ou mieux la femme de son ami, au pire de son père. Peut-être qu’à reformuler 2032 fois la même intension littéraire, durant des jours, des mois, des années, l’auteur parviendrait à fonder le temps d’une fiction crédible. Mais la plume comme Sisyphe retombe au haut de la page à chaque fois, comme une érection de sexe d’homme l’inspiration éjacule son talent et retombe mollement, bavant un liquide fade. Insipide. Il voudrait qu’être entendu, reconnu, assuré que cela fonction, que sa prose actionne des leviers dans le corps fermés des individus, dans leurs têtes parfois, il voudrait que les autres lui témoignent que ça fonctionne. Ce n’est qu’un petit con, un de plus, il se croit sur un piédestal mais la dinde sur son plateau d’argent, à l’orée de sa dévoration, sait-elle qu’elle est sur un plat de cuisine ou se prend-elle pour la reine sur un trône argenté ? Il est l’agriculture de sa prose, l’éternel recommençant qui ne sait aboutir, finir, récolter. C’est cet amant qui ondule sans savoir éjaculer, celui qui fait les débuts de pages et laisse les autres finir. Un pisse froid, un bande mou, pire que l’éjaculateur précoce, c’est le non éjaculateur, la prose qui débande avant d’avoir l’éclat d’une conclusion, hâtive ou pas.

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Publié dans #Divagations diverses

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