Comment être sûr que vous êtes réels ?

Publié le 4 Janvier 2015

Pour tout le virtuel du monde je vous donne de l'or, mon or ... Ici, tout, moi, vous, les chattes et les cons, le talent, la passion, la poésie, la sexualité, ici tout est virtuel, pour de faux, c'est ce que l'on dit, en tout cas ce que l'on disait avant, je m'en rappelle de cet avant, de quand on scindait en - deux - trois - dix, - douze - les couches sédimentaires du réel ; il y avait le réel, là, quelque part, et puis ailleurs, dans un ailleurs qui n'existe pas il y avait le virtuel, relation virtuelle, échanges virtuels, le vide, l’absence, quelque chose comme la réalité virtuelle mais sans lunette, sans que ça n'ai un goût de futur.

Deux espaces distincts, celui de la terre, la boue, l'auge où se trouve la vie et puis sur le fond blanc des écrans sans teint il y avait du virtuel, la virtualité des choses et dans le fond personne ne savait dire pourquoi cela était virtuel. C'était un fait, une vérité imposée à la communauté par la force des choses.

Mais voilà, la littérature est-elle virtuelle ? L'écriture, la romanisation, l'étalage rédigé de nos vies et de nos inventions sur un réseau d'ordinateurs qui quadrille le monde est-ce un geste virtuel ? Geste sans réalité ? Faut-il faire une part des choses entre le roman des livres, la littérature feuilletonnante des journaux et le récit de nos identités, entités fantasmées sur la toile ?  Non. Pas selon moi. Alors, si la littérature est réelle alors ce qu'il se passe ici est réel. 

Je suis réel. 

Mes fantasmes sont réels. 

Mes mensonges sont réels. 

Ma poésie est réelle. 

Les mots ici sont réels. 

L'acte de lecture qu'il vous faut produire pour arriver jusqu’ici est réel. 

L'ennuie que vous pouvez avoir à me lire est réel. 

L'excitation ressentie devant des photos est réelle. 

 

Et pourtant, tant que je n'aurai pas rédigé ces mots dans l’écorce d'un arbre ou graffité sur les murs d'une ville, alors on continuera de penser que ce qui est ici est virtuel, aussi virtuel que les guerres dans la télé, et les dinosaures dans ma télé.  

Même ma poésie doit se montrer à l'épreuve du réel pour pouvoir prétendre y prendre pied. Sans quoi je ne serai qu'un poète virtuel, c'est ce que l'on pourrait dire d'un poète du plausible ou d'un homme plausiblement poète, mais on préfère dire virtuel. C'est un virus le virtuel parce que ça contamine l'esprit des gens, cela diffère un impact. Tout ceci est virtuel parce que tout ceci est dans un boite sans fond, un ordinateur ouvert comme une fenêtre sur un serveur dont ni vous ni moi ne sait où il s'ancre dans la fange du monde. C'est bien ça le virtuel, ne pas savoir, ne rien savoir. 

Du poison, de la fumée, de la fumée derrière les écrans et non devant ; une belle ironie. 

Je vitupère et je vous mets dans poings virtuels dans vos gueules virtuelles, et ma poésie, virtuelle, ne sonne qu'aux creux de vos ordinateurs doubles cœurs. 

Comment être sûr que vous êtes réels ?

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Réflexion, #écrire, #réel, #poésie

Repost 0
Commenter cet article