Un soir d'orage

Publié le 15 Septembre 2014

Déjà par trois fois, l'orage a repris ses billes, autrement dit l'orage a repris mes mots ; un éclair qui tombe, la foudre frappe et moi sans génie ni sens de l'anticipation, je vois l'écran devenir noir, comme un antisystème qui répondrait au syndrome de la page blanche. Par deux fois et puis une encore, je retrouve mes mots effacés par la panne de courant, par l'absence, l'écran mué en trou noir a tout avalé en lui renvoyant ma prose à un néant fondamental. Je pourrais être honnêtement énervé et véhément si j'avais prosé un texte malin ou même intéressant, mais rassurez-vous il n'en était rien. Et ces coupures de courant confinent ma prose au néant ont fait œuvre de salut public. Réécriture par le vide, par le contre, comme la pluie contre la vitre et le grondement du tonnerre contre les oreilles du chien. Écriture en sécurité et en autonomie, tu ne m'aura pas, plus, support autonome et langue déliée, comme les flots du ciel à la terre, la langue de l'esprit à la page qui deviendra boue, toujours de la boue un jour, et rien d'autre, la prose puis la boue et la ponctuation qui laisse des traces dans la terre meuble.

 

Et sous l’orage qui s’éloigne je boucle le jour 1903 de la vie de ce blog

Rédigé par Ceci est un blog

Publié dans #Divagations diverses, #écrire, #Ponctuation

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