1779 ème jour d'écriture : Sans filet

Publié le par Ceci est un blog

Sans se poser de questions, je me lance parfois dans la rédaction d’un article avec une idée claire et parfois même très précise de ce que je vais et veux dire. Mais il y a plus d’un jour et souvent de nuit, comme ce soir, je me lance sans filet, sans me poser de questions, sans savoir où cela va me mener. D’ailleurs, parfois, surtout avant mais c’est devenu plus rare, je me lance au hasard des mots, je tâtonne durant quelques lignes, je ponds de mauvaises phrases et puis soudain jailli quelque chose d’intéressant, poétique ou intelligent, politique ou surréaliste, en tout cas une chose que j’aime ; souvent je me disais que j’avais une écriture au diesel et toujours je gardais la pollution pré-phrases intéressantes ; par paresse mais aussi parce que j’aimais à me dire que ces traces là sont le limon ou plutôt le substrat de mon écriture ; une couche de merde et puis une couche de jaillissement verdoyant si je veux filer la métaphore. C’est un triste constat aussi que de se dire que l’on n’est pas maître de sa prose, que je ne suis qu’une sorte de guide, de chien de berger qui accompagne des mots sur un écran jusqu’au moment où les mots décident de se mettre en forme, en place, en idée ; la place de l’écriture n’est pas dans cette passivité. Enfin ce n’est qu’une posture, je suis toujours celui qui frappe le clavier et donc qui donne forme à tout cela, mais la sensation d’être spectateur de ma prose est bien réelle. Et ce soir, qu’est ce que cela donne ? Je vous en laisse le jugement.

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