1772 ème jour : un peu du chien de Pavlov

Publié le par Ceci est un blog

Rendre en retard le compte de mots justes c'est une habitude horrible.

Disons qu'il est horrible de l'exprimer ainsi, comme ça, mise dans la lumière crue de la verbalisation. En même temps ça n'a jamais été autre chose que cela ici, l'entraînement au dur labeur de la répétition, aiguisé son sens de l'abnégation et puis, aussi, forger, une sorte d'habitude, un réflexe Pavlovien du désir d'écrire ; enfin non, justement, dépasser le désir d'écrire pour chercher, et peut-être trouver, l'étape suivante, pour ne pas dire supérieure, qui est celle d'écrire sans désir.

Encore une fois, la mise en mot clair d'une intuition donne souvent un tableau cru, cruel, ancré de trop près au bitume du réel ; écrire sans désir, cela donnerait sûrement des nausées aux romantiques, pas aux écrivains romantiques qui sont écrivains avant d'être romantiques, mais aux romantiques qui le sont avant le reste, pour la posture, pour la pose, et sûrement aussi pour un peu de postérité. Mais écrire sans désir n'est pas une chose sale, ce n'est pas comme manger sans faim ou baiser sans libido, non c'est s'extraire de l'animalité de la pulsion pour entrer dans la noblesse du geste d'écriture, écrire sans désir ce n'est rien d'autre que de transcender le désir en écriture, l'un ou l'autre, l'un puis l'autre, et un peu toujours je vous dis du chien de Pavlov.

Alors si parfois je m'accorde à maltraiter un peu de ponctuation, d’orthographe ou de synthase c'est juste que je m'accorde de jouir de ma liberté ; écrire sans désir ce n'est pas écrire sans jouir et sans y mettre du jeu.

N'attendez pas que je me prenne au sérieux.

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