1616 ème jour : Affolé par la foule

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Et tu le dis, et tu te moques, et tu la trouves facile la recette dégustative que tu déclame par voix expresse téléphonique ; le fil à l’oreille plus qu’à la patte, le ficelage du rôti plutôt que les menottes et toi tu t’amuses, et toi tu danses, la danse ivre sur le fil du rasoir. C’est cela oui, c’est facile surtout, je le sais, tu fais semblant de l’ignorer, c’est lancinant cette façon-là de fourrer la tête dans le trou sablonneux. C’est cela ce que j’appelle pour moi l’assassinat silencieux des libertés au pouvoir - on ne rompt pas le pain et on retourne celui du bourreau -. C’est donc cela ta lance que tu armes à ton flanc, le porte-étendard que tu brandis par-dessus ta tête ; c’est la force étendue cul par-dessus tête qui anime la foule, la doxa frémie de son pouvoir à ne pas savoir le goût des vérités. Je n’ai même pas à compatir parce que je comprends, je prends l’amer la grand-voile gonflée, le sens large du détroit dans le nez et j’emporte l’encre à la barbe des mouettes rieuses. Je suis un gros con dans son élan figé qui les mains liées par la sobriété, impossible de faire bouger la marionnette. Riez la foule. Criez la foule. Emportez-moi la foule. Écroulez-moi la foule. De la foule à la folle, il n’y a qu’une lettre qui s’affole, l’ombre danse, la main aussi. Et toi tu trouves cela facile. Et pour moi ça l’est encore plus. Les mots sont des détrompeurs. Les morts sont dans l’erreur. Pour le reste mettons donc un pont final à cet texte comme on pourrait jeter un ancre.

Publié dans Chronique chaotidienne

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