1615 ème jour : La barbe de mon visage

Publié le par Ceci est un blog

Pour moi le bouc c'est une nécessité, je porterai bien la barbe, la vraie, la drue, la dure, la grande, la touffue, celle qui est douce, la soyeuse, la barbe de mâle, la barbe d'ours, celle du trappeur, la barbe sauvage des séducteurs. Mais - Oh grand malheur ! - j'ai la barbe idiote, disparate sur la joue droite, barbe à trous comme une grille de mots croisés dans la famille de Nabilla, j'ai la barbe duveteuse, tricolore comme les feux, j'ai la barbe erratique, fluctuante, une imposture faciale et capillaire en errance sur mon visage. J'aurais voulu la barbe, mais je tiens le bouc, j'y tiens aussi, comme à ma barbe d'ailleurs parce que cette barbe imparfaite et imposteuse, c'est un souvenir de voyage, c'est une barbe que j'ai rapportée de voyage, de mon premier grand voyage, de ces voyages qui ne vous laissent pas le temps de vous raser parce qu'il ne vous laissent pas l'opportunité de vous charger ; je suis revenu avec, j'étais un autre puisque les voyages forgent nos jeunesses et je me suis attaché à elle, l'imparfaite. Et quand parfois me vient la raisonnable idée de me rendre présentable, que je renvoie la barbe à ses charmantes études de poils, je garde le bouc, le mien, mon bouc que diable ! Alors le bouc il est fait pour moi parce que c'est le seul qui me va, le seul qui accepte de pousser sur mon visage sans paraître disgracieux, juste démodé.

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