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Ceci est un blog, le mien. C'est le réceptacle dans lequel je déverse mes écrits tous les jours depuis le 25 juin 2009. Dans un blog tenu quotidiennement depuis plus de six ans le talent, la qualité et la fulgurance littéraire ne peuvent pas être présente tous les jours ; je vous assure que j’en suis désolé. Ailleurs j’écris, empiriquement, un roman et d’autres choses. Ici j’écris sans ambages, tous les jours, comme le mineur qui descend au fond des boyaux sans savoir ce qu’il en remontera ; de l’or ou sa pauvre carcasse broyée, étouffée et morte. Soyez indulgent, curieux ou critiques et n’hésitez pas à réagir. Retrouvez-moi aussi ici 2hautenbas@gmail.com

Chiner sa bibliothèque #27

Publié le 26 Septembre 2016 par Ray dans chiner, bibliothèque, livre, videgrenier, vide grenier, brocante

Maintenant que le fait de collection Les Fleurs du Mal est devenu officiel je me dois de rentrer d’un week-end de chine avec au moins un exemplaire du recueil de Baudelaire, et ce samedi 24 septembre j’ai trouvé mon exemplaire réglementaire. C’est un volume de la collection Le Livre de poche classique présenté par Jean-Paul Sarte et édité par Gallimard en 1969. La couverture est sombre, noire et verte et la tranche du livre verte avec des traces de décoloration dû à l’âge et la conservation relativiste du livre. Je trouve cette couverture très capiteuse avec une femme nue et une seconde dénudée, des fleurs qui fanent en bouquet décomposé et des teintes sombres qui collent parfaitement au romantisme de Baudelaire. Je dois avouer que je possède déjà un exemplaire de cette édition, mais le dos du livre était abîmés ce qui n’est pas le cas ici. Et puis pour le prix où j’ai payé ce livre je ne pouvais pas me le refuser. Mais avant de donner son prix, je passe au reste du lot car c’est tout un lot que j’ai acheté à la même femme.

Dans une précédente chronique sur le projet chiner sa bibliothèque je vous racontais que lorsque j’ai arrêté la fac et que j’ai eu la démarche active de me cultiver je suis allé instinctivement vers Camus et vers Freud et que cela m’avait laissé une empreinte nostalgique pour ces deux auteurs. Et donc dans le carton de livre où j’étais en train de chiner je trouve Freud délire et rêves dans la « Gradiva » de Jensen, un ouvrage de Sigmund Freud dans lequel il analyse un court roman de Wilhem Jensen dans lequel l’auteur chercher à percer les secrets d’un bas relief italien. Ce n’est pas un ouvrage que j’ai lu ou connu dans le passé même si son titre m’a été quelques fois évoquer en cours d’histoire de l’art il me semble. J’ai donc mis l’ouvrage de côté et j’ai continué de chiner.

Et là je vois un visage familier, celui de Frankenstein, héros du roman de May W Shelley. Je n’ai jamais lu Frankenstein mais j’ai entendu mille fois l’éloge de ce roman qui incarne une figure parfaite de la littérature gothique et que beaucoup considère aussi comme un des textes fondateurs de la science-fiction. Cet exemplaire édité aux éditions Marabout en 1983 me semble très attirant, et je le mets donc dans la pile des livres qui m’intéressent. Voyant (enfin ?) quelqu’un qui s’intéresse à son carton de livre la vendeuse m’informe qu’elle les vend à 10 centimes l’unité. Dix centimes ? Voilà une bonne raison de chiner plus en avant dans ce carton !

Le temps de m’arrêter sur un classique parmi les classiques, un roman de Conan Doyle, Le chien des Baskerville. Encore un livre que je connais pour ne l’avoir pas lu ; il y a des œuvres comme celle-ci dont l’aura est si puissante qu’elle fini toujours par nous atteindre même si on n’a jamais prit la peine d’ouvrir l’ouvrage d’origine. Il me semble plus que logique alors de faire entrer ce Sherlock Holmes dans ma bibliothèque chinée, surtout qu’à ce prix là ça serait un crime de laisser dans ce vide-grenier ; autant que ce jeu de mots est criminel, je l’avoue.

Je continue de fouiner et j’aperçois les Contes Fantastiques d’Hoffmann. Immédiatement ça sonne en moi comme un nom familier, forcément puisque dans mon esprit Contes Fantastiques d’Hoffmann ça sonne comme Les contes d’Hoffman, sauf que le second est un opéra et que j’ai sous les yeux un livre, recueil de contes fantastiques. Encore une fois je me dis que faire entrer un auteur que je n’ai jamais lu pour 10 centimes c’est une occasion en or. Et avec cet ouvrage je tiens une pile de cinq livres que je montre à la vendeuse en préparant ma pièce de 50 centimes. Mais la vendeuse me dit, comme vous en prenais cinq je vous en offre un gratuit, cherchez un ouvrage qui vous intéresse. Et me revoilà le nez dans le carton, presque sûr pourtant d’avoir attrapé tous les ouvrages qui m’inspiraient. Mais pour ne pas décevoir la vendeuse et pour profiter de l’occasion j’ai pris Château en Suède de Françoise Sagan pour une seule raison, et cette raison c’est Françoise Sagan.

Je repars donc de ce vide-grenier avec six livres pour lesquels je n’ai dépensé que 50 centimes.

Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros
Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros

Avec une dépense de 2,5 euros en tout et pour tout la somme totale de la bibliothèque s'élève à 54 euros

Je me demande encore pourquoi la personne en possession de ce livre à eu envie de réinscrire le titre du livre à l’intérieur du livre. Mais c’est un trace poétique, comme ce que je suppose être la fleur d’un coquelicot qui a séché bien assez longtemps jusqu’à s’imprégner dans l’œuvre, mais je pense qu’il a peu de risque que la fleur revienne à la vie.

Je me demande encore pourquoi la personne en possession de ce livre à eu envie de réinscrire le titre du livre à l’intérieur du livre. Mais c’est un trace poétique, comme ce que je suppose être la fleur d’un coquelicot qui a séché bien assez longtemps jusqu’à s’imprégner dans l’œuvre, mais je pense qu’il a peu de risque que la fleur revienne à la vie.

Je profite de cet article pour chroniquer l’entrer de deux BD chinées la semaine dernière. Je ne chine pas souvent de BD, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Mais bon, la semaine dernière donc je tombe sur les tomes 1 & 2 des Technopères une bande dessinée en huit tomes, ce qui est raisonnable je trouve, parce que ça me laisse la place de me dire que je peux réunir et lire les huits et qui se déroule autour de l’univers de L’incal. Et que ce soit pour L’incal ou pour Les Technopères, ce qui m’attire dans ces univers, en dehors que ce soit de la science-fiction décomplexée, c’est l’homme qui écrit les scénarios, Alejandro Jodorowsky. Lorsque je suis tombé sur ces deux BD scénarisées par  Alejandro Jodorowsky, en plus les deux premiers tomes ce qui m’incite plus facilement à acheter une des éléments constitutifs d’une série plus vaste j’ai eu envie de les prendre, surtout pour 1 euro pièce. Je paie et je rentre chez moi et là j’ai la petite déception de voir que les BD avaient un peu prit l’humidité, surtout le tome 2. Le tome 1 avait quelques pages légèrement gondolées par endroit et le tome 2 avec des pages plus franchement gondolées et même collées par endroit. Et pour finir les deux albums étaient un peu cintrés et elles avaient une légère odeur de renfermé, une bonne odeur de malle stockée dans une cave humide. Je n’étais pas déçu directement par l’état des livres parce que ça ne m’empêche pas de profiter de l’histoire, mais je m’en voulais un peu de ne pas avoir mieux regardé avant d’acheter, j’aurai pu soit ne pas les prendre, soit profiter de leur état pour négocier, c’était donc mon ego de chineur qui était froissé.

Je ne savais pas trop quoi faire pour « restaurer » ces deux ouvrages, après une petite réflexion et après avoir évacuer de mon esprit l’idée de les mettre au micro onde … si si j’y ai vraiment pensé et si je n’ai pas testé c’est que ce format ne va pas au four, je me suis dis que le plus simple pour chasser l’humidité ça serai simplement de mettre mes BD au soleil. Ici les journées sont encore belle, le soleil chaud et je me suis dis qu’avec leur couvertures sombres elles se réchaufferaient vite et que ça aiderai sûrement à les assainir. Je pose donc mes Technopères sur la table de jardin bien orientés pour prendre le soleil et je m’en retourne vaquer à d’autres occupations. Et puis je n’y pense plus, et je pars en week-end en les oubliant dehors. Et ce matin je rentre chez moi au matin frais et je vais dans le jardin où je découvre mes deux ouvrages avec les couvertures trempées par la rosée du matin qui perlait à grosses gouttes dessus. Et assez curieusement ça m’a fait rire. Au moins maintenant je saurais pourquoi mes BD sont dans un état moyen, ça ne sera pas parce que j’aurai été un mauvais chineur mais parce que je suis bien trop tête en l’air !

Joe la bonne idée, mettre ses livres dehors pour qu’ils sèchent et les oublier là à la merci de l’humidité du petit matin durant tout un week-end !

Joe la bonne idée, mettre ses livres dehors pour qu’ils sèchent et les oublier là à la merci de l’humidité du petit matin durant tout un week-end !

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Chiner sa bibliothèque #26

Publié le 25 Septembre 2016 par Ray dans chiner, bibliothèque, livre, videgrenier, vide grenier

Le hasard est le cœur battant d’une errance en vide-grenier ; ne pas savoir ce que l’on cherche et ne pas s’attendre à ce que l’on trouve. Je parle pour moi, chineur qui déambule le cœur léger et l’œil qui vagabonde. Je suis loin d’être un chineur qui saute sur son téléphone pour jauger du prix et de la rareté d’un objet ou d’un livre. Je laisse parler ma curiosité et j’essaie de restreindre les dépenses. Il m’en faut donc peu pour me décider. Samedi 24 septembre j’ai eu le temps de visiter deux vide-greniers et j’ai pu rapporter de beaux butins à des prix très raisonnables ; en voici une partie.

Minute ! Papillon de Peter Cheyney est l’exemple parfait d’un livre acheté sur un coup de tête pour un coup de cœur. Lorsque j’ai vu cette couverture je suis tombé sous le charme, immédiatement comme un coup de foudre pour la dame avec son fume-cigarette qui patiente sur la couverture. Je ne connais pas Peter Cheyney et je ne connais pas ce roman mais j’ai tout de suite voulu l’avoir. Je vous avoue que j’ai surtout pensé que j’avais pouvoir découper la couverture et mettre madame sous cadre tant son charme en direct des années 50 m’a séduit. Rassurez-vous je ne vais mutiler personne parce que je viens de voir que cette édition de Minute ! Papillon au presses de la cité de 1949 possède une couverture « fourreau » qui peut se retirer (d’ailleurs quelqu’un peu me dire comment s’appelle une couverture qui couvre la couverture du livre ? Je suis sûr que ça a un nom plus exact que mon approximation) et donc être mise sous cadre sans découper ce livre de 1949. Je demande le prix pour repartir avec la dame sur la couverture et le vendeur me demande 50 centimes ; déjà que lorsque l’on aime on ne compte pas, je ne me suis pas fait prier pour payer.

Ailleurs sur le vide-grenier je suis entrain  de chiner un bac avec des livres plus ou moins vieux et je repère un petit ouvrage assez mince au fronton duquel est marqué un nom bien connu des poètes, Aragon. Il s’agit du texte d’une conférence organisé pour les jeunesses du Parti Communiste en 1959. Il ne s’agit pas de l’expression poétique de Louis Aragon mais de l’expression de son engagement politique. La conférence était intitulée Il faut appeler les choses par leur nom et elle était suivie d’une  intervention de Maurice Thorez intitulée Problèmes de notre époque. J’ai hésité à prendre ce livre pace qu’il n’appartient pas à l’œuvre poétique d’Aragon, mais j’ai pensé au livre de Lénine que j’ai chiné il y a quelques semaine L’état et la révolution et je me suis dis que je pourrais ouvrir un rayonnage politique de gauche dans ma bibliothèque j’ai donc demandé le prix, 50 centimes, un prix non dissuasif pour ma bibliothèque, achat coup de tête. En rentrant à la maison et avant de rédiger cet article j’ai un peu regardé sur internet, mon but n’était pas de regarder le prix mais l’histoire de cette conférence mais au final j’en ai plus appris sur le prix que sur l’histoire de ce bouquin et j’ai été surpris de voir que ce petit ouvrage de 60 pages édités en 1959 par le Parti Communiste Français cote un peu plus de 30 euros. Loin de moi l’idée de revendre mon exemplaire pour en tirer bénéfice, mais savoir que j’ai fait une bonne affaire en achetant ce livre est un peu comme ma cerise sur ma bibliothèque. En plus l’exemplaire est en très bon état, enfin en bon état à part une légère tâche de graisse à l’arrière et les agrafes qui ont commencés à rouiller.

J’avais manqué la poésie d’Aragon, mais j’ai pris l’habitude maintenant de toujours réussir à chiner un ouvrage de poésie dans mes sorties en vide-grenier. Ce matin là j’ai trouvé la Poésie de Rimbaud. Les œuvres complètes du poète en édition de poche, que dire de plus ? Je crois que je n’ai rien à rajouter, j’aime Rimbaud et même si l’édition poche n’est pas une édition des plus glamour tous les poèmes sont là, les illuminations, la saison en enfer, et tous les autres poèmes. Pour 50 centimes je ne peux qu’être heureux.  

Un coup de cœur pour une dame en couverture, un coup de tête pour l’expression politique d’un poète reconnu, un classique livre de poésie chiné parce que j’aime la poésie, il reste pour clôturer cette chronique des livres chinés un samedi matin de septembre à parler d’un auteur que j’aime et que j’aime trouver en vide-grenier. Il s’agit de H.P Lovecraft créateur mythique du mythe de Cthulhu. Jusqu’à présent je n’ai eu qu’une seule fois la chance de croiser H.P Lovecraft en vide-grenier, c’était cet été pour L’horreur dans le musée déjà dans une éditons France Loisir. Effectivement ce samedi matin j’ai encore mis la main sur un ouvrage de H.P Lovecraft édité par France Loisir, il s’agie du Masque de Cthulhu.  C’est un recueil de six nouvelles édité à l’origine à titre posthume par August Derleth exécuteur testamentaire de l’auteur. Je suis vraiment content parce que j’aime beaucoup l’auteur et son mythe et c’est un plaisir de pouvoir picorer de la forme courte. Quand en plus je n’ai eu à débourser que 50 centimes je ne vois rien de négatif à cet achat.

Ce jour là mon butin contenait d’autres livres mais j’en ferai la chronique un peu plus tard. Merci de votre lecture.

Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros
Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros

Et voici quatre nouveaux livres dans ma bibliothèque chinée dont le montant dépensé pour la constituer est de 51,5 euros

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Un, deux, rien

Publié le 24 Septembre 2016 par Ray dans Divagations diverses

Gravé sur le chrome, écrit dans de la roche. Je ne dis rien, mais des beaux mots ; menteurs et œsophage, je ne suis pas un indien, je ne suis pas un être fragile, je suis franchement l’être là, meneur des barques sur un Styx pléonasme qui est comme moi, naze ; lui et moi dans la télé sur RMC découverte avec l’or des Nazis et le complet de la reine extraterrestre qui se tait depuis que les maçons ne sont plus honnêtes.

Le pôle me dépoile et le vin me fait frémir. Je ne tangue pas, on je dors.  

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Un homme atomique

Publié le 23 Septembre 2016 par Ray dans Homme atomique

Ce soir là alors qu’il avait fini de préparer le repas avant de l’enfourner pour une heure de clame et qu’il s’accordait enfin un temps à lui pour relire quelques pages de son prochain ouvrage ça femme l’appelait avec dans la voix la tonalité assurée d’avoir ce qu’elle demandait sans le dire. Le voilà qui quitte son bureau laissant la cigarette qu’il venait de s’allumer lentement se consumer au dessus d’un cendrier du soir, trop plein et si pourtant si vide. L’air dans la salle de bain est épais, chaud et capiteux, et avec l’air de ne pas y toucher sa femme lui tendit son doigt. La manucure foutait le camp comme ce qui donnait à l’ongle de madame l’impression qu’il avait été verni par leur fillette de six ans. Elle le regardait avec la paire de minuscule ciseau singeant une demoiselle en danseuse, outil anthropomorphe d’un geste maculant. Madame s’était cassé un ongle et la minuscule fracture de kératine la faisait souffrir jusqu’au rictus. Sans échanger un mot de confirmation les ciseaux changeaient de mains et dans un mouvement d’artisan au savoir faire forgé par l’habitue il coupait les ongles de sa femme. Sous la baignoire où il venait de lui couper les ongles quelques gouttes de sang petites et radines tombaient sur l’émail blanc et mouillé. Elle affirmait ne pas souffrir, alors il éloigner de son esprit l’impression de lui couper les doigts. C’était ça l’accomplissement d’une vie de couple ? Des traces de sang dilué dans la baignoire ? Est-ce là un prémisse comme une vision prémonitoire de leur avenir ?

homme atomique

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Que ma queue s’entête

Publié le 22 Septembre 2016 par Monsieur C dans poésie, Pictogranimation

Ré prendre parler ; ré prendre à crire

Re possession de sa ie

Une salle ie ; sailli de val

Jeune adoubée mère deux fois ; ma ment mains terreuses

Dix lexiques de verbes ; hauts ; étrillage des conséquences

Huit langues ; années de mat à triarche

Misère arable ; le tertre trop tôt

Que ma queue s’entête
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Chiner sa bibliothèque #25

Publié le 22 Septembre 2016 par Monsieur C dans chiner, bibliothèque, livre, videgrenier, vide grenier, poésie

C’était un des premiers vide-greniers de septembre, dans un village où chacun devant sa maison vide son trop plein de babioles et d’objets culturels. J’aime ces ambiances là, très conviviale, très vide-maison, sans professionnels mais avec souvent de bonnes affaires. Sur quasiment le premier stand devant lequel je passe je m’arrêter sur quelques livres.

D’abord sur un Camus. Lorsque j’ai abandonné la fac afin de préparer un changement de voie qui échouera avant de se faire finalement par hasard quelques années plus tard, j’avais décidé de profiter de mon temps pour me cultiver. Ça signifiait pour moi lire des livres. Mais lesquels ? J’étais seul, solitaire et avant l’ère internet et instinctivement je me suis tourné vers Freud et vers Camus. Ce sont donc les premiers auteurs que j’ai acheté pour forger mon esprit critique dans une démarche active et personnel. J’ai eu des affinités avec la prose et la pensée d’Albert Camus comme avec les figures de Sisyphe ou de Meursault. C’est finalement très logique que je décide de faire entrer l’œuvre de Camus dans ma bibliothèque chinée. Sur ce stand là, je repère donc Caligula dans une édition récente (2006) dans le catalogue Folio Théâtre. Certainement un exemplaire scolaire ayant appartenue à une certaine Aurélie.

Sur le même étale de livre je repère deux bouquins de la collection Poésie/Gallimard. Intérieurement je me dis chouette, de la poésie puisque chiner de la poésie pour ma bibliothèque est devenu ma petite obsession. D’abord il y a Alcools rédigé de la main d’Apollinaire. C’est un recueil que l’auteur à édité la première fois en 1913, un recueil en pleine mutation poétique dans lequel Apollinaire décide de supprimer sa ponctuation. Et les gens qui sont habitués à me lire comprendront que cette forme littéraire soustraire à la ponctuation ne peut que me toucher et me parler. Le second ouvrage de cette collection Poésie/Gallimard c’est Choix de poème de Paul Celan. Et là je dois avouer mon ignorance, je n’avais jamais entendu parler de cet auteur. En feuilletant l’ouvrage j’en ai vite déduis que l’auteur écrivait en langue allemande puisque le livre est dans une édition bilingue Allemand / Français ; Wikipédia finira de me présenter ce poète ayant été considéré comme un poète de l’Holocauste au travers de poème comme Fugue de la mort. Si je souligne de poème là ce n’est pas seulement parce que la page Wikipédia en parle, c’est parce qu’un professeur de littérature ou d’allemand à fait étudier ce poème à ses étudiants et que l’étudiant qui avait l’exemplaire que je viens d’acheter prenait ses notes sur son livre. Vous savez, j’aime beaucoup ce genre de trace, non pas pour qu’elle me donne des aides de lecture de ce poème mais parce que ça me donne de la matière pour m’imaginer la vie de ce livre.

Il me restait à demander le prix pour ces trois ouvrages et les personnes en voulaient 1,5 euro, un prix plus que raisonnable que j’ai payé sans trembler trop heureux de rentrer de la poésie et du Camus. Ce n’était que le début du vide-grenier et je n’imaginais pas que ce jour là j’allais pouvoir ramener quatre autres de livres de poèmes et de poésies et d’autres encore pour me réjouir hors domaine poétique. Mais il faudra revenir ici les jours prochains pour découvrir quelques livres vont entrer dans le projet chiner sa bibliothèque.

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

Celan, Apollinaire et Camus entrent dans la bibliothèque dont la valeur totale monte à 49,5 euros

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Chiner sa bibliothèque #24

Publié le 21 Septembre 2016 par Ray dans chiner, bibliothèque, livre, videgrenier, vide grenier

Des fleurs de mauvaises natures poussent de mes jardins secrets comme publics et de même manière des fleurs du mal poussent dans ma bibliothèque, celle que je chine de greniers vidés en greniers vidés.

Je le disais à mots pleins pour vous et demis mots pour moi dans le premier hors série des articles chiner sa bibliothèque ; était-il possible que je collectionne les éditions des Fleurs du mal de Charles Baudelaire ? J’en avais déjà deux plus un que j’avais offert et trois exemplaires ce n’était pas assez encore pour supposer une collection, ça aurait pu être un hasard ou le fruit d’un esprit dilettante. Avoir posé des mots sur cette accumulation latente d’exemplaires des Fleurs du mal m’a fait franchir le pas et ce week-end en deux vide-grenier j’ai rapporté deux nouveaux exemplaires du recueil de Charles Baudelaire. Une édition en classique poche de 2009 avec ses marques pages que je suppose laissé par un lycéen à l’écriture maladroite et une autre édition au format poche de 1995 avec une très jolie couverture. Ce livre là valait 10 francs il y a un peu plus de vingt ans ; dix francs je trouve que la poésie coûtait peu cher à la fin du siècle précédant.

Je ne suis expert de rien mais empiriquement j’ai envie d’affirmer que Les fleurs du mal de Charles Baudelaire est le livre de poésie le plus récurent en vide-grenier. Ainsi j’extrapole en me disant que ces Fleurs du mal sont certainement le recueil de poésie le plus communément acheté et lu dans les foyers français ; et pas seulement par des étudiantes studieuses mais aussi par tous les romantiques qui naissent dans l’adolescence et qui se bercent de le romantisme noire du poète.

Au niveau des prix dépenser pour deux fois Les fleurs du mal ça reste très raisonnable, l’exemplaire le plus récent a été payé 50 centimes d’euros tant dis que l’exemplaire avec la jolie couverture m’a été offert par une femme à qui j’achetais deux jeux de Playstation 3 (qu’elle m’a vendu pour 4 euros).

Toujours ce week-end, toujours en chinant dans un vide-grenier je repère sur un stand bordélique deux couvertures de la collection Poésie/Gallimard. Le premier livre c’est Anthologie de la poésie française du XVI siècle, une édition de 2005 qui semble avoir été très peu consultée. Le second bouquin c’est Anthologie de la poésie française du XIX * de Chateaubriand à Baudelaire, une édition de 2004. Celle-ci porte beaucoup plus de trace de lecture, et c’est rassurant. Il s’agit du tome 1, il existe donc un tome 2 et en bon chineur, accumulateur, collectionneur ça me donne nécessairement envie de compléter l’ouvrage. Je demande aux vendeurs le prix, ils annoncent 3 euros pour les deux ouvrages mais dans un sursaut d’audace commerciale je propose 2 euros et les vendeurs acceptent. Pour 1 euro pièce je trouve que c’est vraiment un bon prix pour ces anthologies. Du coup ce week-end ce sont quatre livres de poésie qui entrent dans la bibliothèque chinée même si en réalité je possédais déjà Les fleurs du mal.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

Avec ses nouvelles entrées la valeur totale dépensée pour chiner sa bibliothèque monte à 47,9 euro, j’arrondi à 48 euros, autant dire que l’on se rapproche de la barre symbolique (oui mais de quoi ?) des 50 euros de dépenses en quasiment 6 mois.

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Dialogue d'usine

Publié le 20 Septembre 2016 par Monsieur C dans Dialogue de sourd

Elle : Il y a deux mondes qui coexistent en moi.

Lui : Tu sais j’envie ceux que tu as habilités à franchir cette frontière en toi. Moi je n'ai qu'un seul monde à l'intérieur, mais nous sommes des dizaines de variations dégénérées à le peupler.

Elle : Alors j'envie l’audience démultipliée que tes pensées trouvent dans le fond de ton crâne.

Lui : Oh ça oui, tu peux. Mes intérieurs dégénérés valent tous mieux que moi.

Dialogue d'usine
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Du vin et des doutes

Publié le 19 Septembre 2016 par Monsieur C dans Homme atomique

L’homme a toujours voulu avoir une vie borderline, connaître le souffle d'une vie hors norme, avec des expériences à la marge de la norme ; l’homme avait eu des amies avec lesquelles il avait eu des amitiés comme il rêvait sa vie, des amies avec qui il avait vécu des choses fortes, des choses folles, les excès de la passion et la démesure modeste de la vie. Mais au final l’homme c’était retrouvé en couple avec une dame qui était loin de toutes les tornades qu’il fantasmait. Sa dame l’éloignait de cette vie fantasmée qu’il avait toujours désiré vivre et certains soirs, l’homme se demandait quelle aurait été sa vie, quelles limites auraient été franchies, quelles expériences auraient étaient faites s’il avait été en couple avec une dame différente de la sienne. Quelle aurait été sa vie avec une femme qui au lieu de le frustrer et de le ramener vers une hypothétique norme l’avait stimulé et alimenté ses pulsions aux marges. L’homme pensait à cela, puis il passer regarder ses enfants dormir et retournait se coucher dans le lit conjugal apaisé et confus.

Homme atomique

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La forme des livres dans les mains

Publié le 18 Septembre 2016 par Monsieur C dans écrire

Journée du patrimoine et je sors de la visite des archives de la ville d’Orange. Et maintenant j’écris, du papier numérique et du clavier de plastique, mais comme si je devais en douter, je réalise que j’aime les vieux papiers. Je ne sais pas si ce doit être évident pour tout le monde que l’écrivain aime le papier. Je ne sais même pas  si ce doit être évident que l’on doit tous aimer le papier parce qu’il porte la nature de notre histoire.

J’avais un sentiment empirique à ce sujet, et depuis que j’écume avec plus d’assiduité les vide-greniers je commence à comprendre que j’ai pour le papier un attachement particulier. Je dis papier c’est idiot, je veux dire pour les traces écrites que ce soit sur papier, toile, carton, vélin, parchemin et tous les autres supports envisageables. Et là, en sortant des archives je comprends que je suis sensible à la matière qui porte nos écrits.

Je ne crois pas éprouver une émotion  rétrograde, je ne suis pas militant d’un éternel retour aux supports palpables ; mais je ressens de la tendresse et de l’émotion devant le document qui transporte la trace écrite. Sûrement parce qu’il est une forme de dépositaire d’une écriture dont le contenu littéraire peu me touche, mais aussi parce que le document en tant qu’objet concret, que support physique, est porteur des traces d’une vie, d’une sous ou sur histoire qui vient s’ajouter à l’histoire littéraire.

Aujourd’hui c’est sûr. J’aime les vieux documents, qu’importe leur contenu d’ailleurs. J’aime regarder un document comme on regarde un paysage, une ville, une ruine, et m’imaginer son histoire en remontant le fil de ses aspérités et des actes humains qui l’on façonnée.

Un jour sûrement je viendrais à imprimer tous mes mails.

Un  jour moins sûr je viendrais peut-être à imprimer mes blogs.

La vérité de ma destiné c’est bien d’écrire des livres.

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