Publié le 27 Février 2017

Vas y monsieur, fais toi aussi ton communicant.

Racole donc un peu, c’est cool, c’est chic, c’est soft, c’est porn, c’est hype, c’est cool, c’est normal.

Recolle petit à petit les morceaux d’attention dispersée. Ce n’est pas cool, les gens sont de vraies pies, des volées de moineaux qui tournent en vrac comme des étourneaux.

Et toi, étourdis créateur, créature créatrice, tu avais oublié qu’après les tunnels il y a la chasse.

Tu disais que la récolte ce n’était pas pour toi, mais reconnais ton erreur.

Il y en a qui font ça si bien. Je récolte, tu racoles, nous recollons les ailes des oiseaux.

Pas la plume assassine, peut-être quelque chose de plus proche d’une patte, d’un style.

Collecte, c’est parti ! Collectionne. Ponctionne. Pinaille et ne prélève que le meilleur avant de le punaiser dans la partie blanche des livres comme un herbier pour petits insectes.

Soulèves les jupes des filles et colle ta pub dessous.

Colle ta pub dans le dos des messieurs et dans le revers des vestes des hommes sérieux.

Glisse quelques publicités dans la couche des bébés, et dans le fard des midinettes trop maquillées.

Il reste de la place à la surface des serviettes hygiéniques et dans le réservoir à gazoline.

Marketing de proximité ils disaient, marketing de peau à peau, tamponne, tatoos, tracte !

Ne tergiverse pas le terrain est déjà conquis il faudra le reprendre.

Il n’y a qu’ici que tu es le roi.

 

La perspective de racole avec la vue d'une paire de fesse est souvent un pari serein posé sous les jupes des filles

La perspective de racole avec la vue d'une paire de fesse est souvent un pari serein posé sous les jupes des filles

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Digression, #punchline, #publicité

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Publié le 26 Février 2017

Je suis l’univers qui meut.

L’univers qui dort.

Je suis l’unique vers qui dévore les papillons. Je chie quelques pommes.

Quand la mort rôde armée de sa routine ordinaire je suis celui qui ne dors pas.

Et quand elle me fait l’horreur de son visage d’os je suis le fleuve qui fait volte-face.

La pièce lancée tourne, retourne, se tourne en elle-même avant de tomber.

La décision s’abat comme dans un film en robe longue, un tapis rouge, un sourire aigre.

C’est New York sur une carte et quelques lignes de métro qui traversent la feuille comme les veines de la ville.

Alors j’oblitère mon propre sang puis je m’en lave les mains.

Dans le bateau, pour une place assise, je pointe le final comme le boucher son rôti de porc.

Et après cela la rivière coule.

Le vin, les bouteilles vides, les radeaux ivres et les méduses.

 

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Divagations diverses, #Digression

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Publié le 25 Février 2017

Le son long est une lame délicate qui imprime la marque de ses dents dans la lèvre de ma femme.

Le sang lent et délicat coule comme une épaisse bisque le long des jambes fine de ma fille.

Le temps large est une distorsion entre mes tympans et l’oracle mort de mon hypothalamus.

La maîtresse écarlate encore avide d’être comblée halète doucement dans les draps détrempés.

Des odeurs de sueurs et de verges dégondées trahissent silencieusement le crime adultère.  

Dans la cave où de grands crus patientent ils creusent les tombes de celles tombées pour eux.

Il pense que l’infini n’est qu’une boucle qui emprisonne le présent en fumant sa cigarette.

La cendre macule les corps allongés dans le sol, les meubles assistent à l’indicible.

Il jure des insultes rugueuses dans sa langue slave quand sa maîtresse défèque dans le trou béant.

Un violent coup de pelle vient clore l’incident et elle s’affale sans folie dans la merde et la mort.

Il reste la nuit entière pour combler les vides et amputer les impasses de quelques coups de plume.

Ainsi se clos le drame d’un duo amputé dans l’empathie d’un instant éclaire qui zèbre la vie d’un paraphe noir de jais plus que rouge sang.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie

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Publié le 24 Février 2017

L’amour n’a pas de frontière, de religion, de sexe, de couleur. Les lieux communs non plus.

C’est avec ce genre de pensées que l’on fabrique des machines à brasser du vide.

Je ne suis pas méchant, je ne suis pas trop con, je ne suis pas un monstre mais je ne suis pas amour. Je dis cela comme un athée qui n’est pas amour comme dieu prêtant l’être. Je dis aussi cela comme les personnes qui avant moi ont choisi de dire qu’elles n’étaient Charlie. Moi je me cantonne à prétendre que je ne suis pas amour.

Si l’amour est réellement ce qu’il est censé être, c'est-à-dire l’expression la plus intime, la plus subjective et la plus personnelle de l’âme d’un individu alors l’amour ne devrait pas pouvoir être nommé, délimité afin de pouvoir entrer dans une phrase. L’amour serait un peu comme la physique quantique, il devrait être un concept permettant d’englober une infinité de nuances, de variations et de conceptions différentes. Mais si à l’inverse l’amour est nommé, délimité et s’il peut entrer dans une phrase en même temps que dans un lieu commun alors l’amour est une chose sans intérêt.

Les lieux communs ont le mérite d’être honnêtes. Certainements faux mais honnêtes.

Ce n’est pas une chute, juste une idée en forme de constant.

Voilà.

Nuit.

Fondu au noir.

Luka Isaak & Kate Moss - W Magazine (March 2017) - photo Mert & Marcus

Luka Isaak & Kate Moss - W Magazine (March 2017) - photo Mert & Marcus

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Réflexion, #amour, #aphorisme à la con

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Publié le 23 Février 2017

Le soleil, trop calme, se lève enfin. Enfin il sort des nuages et déchire la gangue vaporeuse qui ouvrageait le ciel d’un voile hors saison.

Dans la chambre nuptiale Lénaic se réveille enfin. Elle relève le drap qui la couvrait et laisse le soleil darder son corps nu perlé de sueur. Elle transpire de sa plongée dans le sommeil paradoxal.

Comme une chatte elle s’étire.

Dehors dans le jardin son mari coupe du bois. La scie à bras s’en va et vient arrachant aux bûches ce qu’il faut de sciure pendant que sur le front de son homme la sueur ruisselle.

Combien de temps a-t-elle dormi ?

L’hiver est-il venu les rejoindre ?

Il y a des choses que le ciel ne lui dit pas. Sur la table de nuit les aiguilles du réveil pointent quinze heures et trente-huit minutes mais elles ignorent les jours, les semaines et les ans.

Sa vessie est bien pleine et ses pupilles parfaitement acclimatées à la lueur de cette matinée tardive. Elle sent au fond d’elle que ses viscères transitent tièdement à la bonne température. Elle sera assez vite au rendement idéal de son corps. Derrière son mari les rondins de bois forment déjà une seconde rangée.

Raide à la fenêtre elle tapote de l’index les bûches qu’elle décompte comme sur un boulier imaginaire.

Il dépose la scie et s’essuie le front. Il se tourne vers la fenêtre de la chambre nuptiale. Sa femme est là, bonde, nue comme le jour. Elle tapote la vitre du bout du doigt. Quelques instants plus tard, elle dessine un visage grimaçant dans la buée qui trouble le verre au niveau de sa bouche.

Il est temps de rentrer.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Forme courte, #ébauche

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Publié le 22 Février 2017

[...]

J’étais la petite fille qui jouait à la marelle

Elles disaient que je n’irai pas au ciel

Menteuses ! Je n’en étais qu’à quatre degrés d’y être.

Mon paradis pour leurs enfers ! Foutaises simiesques !

Je me rappelle de la colère que je minais.

Le chien aboyait.

Les passants ne nous regardaient même pas.

Nous jouions dans la rue avec personne pour soudoyer nos jupes.

Personnes pour regarder nos cheveux.

Nous aurions pu partir en fumer.

D’ailleurs mon amie Sophie apportait quelques fois des cigarettes tirées dans le paquet de sa grand-mère.

Nous avions l’âge des marelles et nous ne cachions même pas pour allumer nos cigarettes.

Nos quintes de toux prenaient des tours de fous rires.

Nos ballerines roses écrasaient ces cigarettes à peine consumées.

Et nous reprenions notre conquête de l’enfer ou du paradis.

Cela dépendait des secrets que nous voulions camoufler.

Le futur c’était trop loin pour nous inquiéter.

Nous n’imaginions pas devenir des femmes, notre présent c’était l’éternité.

Nous n’imaginions pas qu’il fallait croire en dieu non plus.

Nous étions les seules du monde dans cette rue, avec juste un univers de craie.

Et tout à basculé dans l’instant d’après.

Les pneus qui crissent au coin du boulevard.

La taule qui se déforme, la mécanique qui rompt lorsque le mur intervient.

Le corps démembré ensanglanté qui nous regarde d’un air mort.

Une flaque d’urine danse sous la jupe.

Je suis stupéfaite de voir la mort en face.

Elle entre dans nos jeux comme le chien qui marche sans voir la marelle.

[...]

Fiction à une aile

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #ébauche, #Fiction

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Publié le 21 Février 2017

Érection, solide et solitaire, monument funéraire des années épiques quand le sexe et la baise étaient les deux mamelles d’une seule vie

Statue de chair qui se dresse devant l’homme. Au risque de devenir fou il pourrait croire que la figure phallique le supplie de la saisir entre ses mains pour la branler avec parcimonie, juste assez pour attiser l'envie mais pas trop pour ne pas jouir déjà, trop vite et trop tôt.

C'est comme si l’érection avait la conscience que tant qu'elle serait là, raide, droite, visant le ciel comme l'aiguille d'une boussole vise le Nord, l’homme serait capable de se mettre en marche dans une logique d'apaisement.

Or cette érection ne rêve pas des mains de l’homme pour la caresser, elle rêve de bouches, de vagins et d'anus, elle rêve de salive, de cyprine, de lubrifiant et de la douceur humide des orifices d'une femme.

Comme toutes les autres cette érection est dingue des filles qui dansent dans les crânes, elle est folle des filles qui se dénudent sur les écrans, elle est comme un chien fou course les femmes dans la rue et se rêve entre leurs cuisses avant d'exploser entre leurs seins.

Mais cette érection n'est pas dupe, si elle se vide, si elle s'affaisse, si elle libère les tensions tectoniques qui tracent des failles de la bienséance de l’homme alors elle sait que sa raison reprendra le dessus et qu'elle soufflera à l’homme de viser un consensus de sagesse plutôt que la folie marginale d'une baise.

Les hommes le savent, les érections supplient, elles minaudent, elles désirent plus fort que ça qu’une étrangère la caresse et que par accident cela fasse gonfler en elle autant qu’en l’homme le désir du coït. Elle est maline cette putain d'érection et l’homme n’est pas naïf, ce n'est pas neuf, il n’est que son pantin.

Qui d'autre que Brigite Bardot pour racoler un peu cette complainte ?

Qui d'autre que Brigite Bardot pour racoler un peu cette complainte ?

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #érotisme, #Sexualité, #poésie

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Publié le 20 Février 2017

Ils possèdent puis se dépossèdent.

Ils déposent et sans le savoir ils se délivrent.

Lui il chine, fouine, traque, il n’achète pas, lui récolte.

Les glaneurs ne sont jamais morts, les vieux souvenirs jamais loin.

Ses morts à rallonge qui s’allongent dans la sciure, ne dorment pas.

Les cercueils ne sont pas clos.

Ils ne sont pas vide non plus.

Ils croulent sous des amas d’immondices que les mots ne veulent pas lâcher.

Ils cumulent comme les rois défunts d’autres temps les apparats.

Des objets devenus désuets avant même de naître dans le crayonné des designers.

Assis au bar je commande un verre, le barman le claque sur le zinc.

Ici les collectionneurs sont déjà passés récolter les sous-bocks.

Le métal et le verre trinquent comme des amants font l’amour dans les toilettes.

C’est vite, ivre, le bruit comme la porte frappe les esprits.

Et si vite c’est fini comme les fêtes qui ne survivent pas aux lundis.

Je respire fort ce corps décomposé aux odeurs d’humus.

Et j’éparpille les scories pour dénuder de vieux objets perdus.

Des choses perdues, objets trouvés, retrouvés, terre retournée.

Le futur ne dort jamais, il devient comme l’aube du matin fécond.

L’instant d’après il n’est que fœtus d’une mort éphémère en avance sur son avenir.

Et moi j’y creuse un sillon chérissable comme la raie de tes fesses.

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #Prose, #poésie, #Divagations diverses

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Publié le 19 Février 2017

Ce n'est rien j'ai toujours sommeil et demain et toujours le monde produira des objets à chiner dans le sillage des consommateurs quilaissent échapper des scories mineures prêtes à être prélevées puis réévalués par des regards et des prétentions.

Mais tout de suite j'ai sommeil.

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Publié le 18 Février 2017

Black_Brocante

Black_Brocante

Je suis un être globalement bordélique doublé d’une personne qui a plutôt besoin d’ordonner les choses. Conformément à une logique du paradoxe, je suis un être paradoxal traversé par des instincts contraires qui se croisent, s’affrontent et souvent entravent ma manière de vivre. Le côté bordélique allier de mon esprit d’escalier fait régulièrement émerger des idées et des envies à réaliser mais mon côté névrosé, c'est-à-dire mon côté ordonné, refuse généralement de passer à l’acte tant qu’il n’est pas parvenu à identifier, ordonné et classifié le concept dans un cadre clair où le projet pourra trouver sa place dans un vaste programme de sens. C’est ainsi que je me retrouve souvent à cloisonner les choses pour délimiter leur cadre subjectif.

Sur ce blog je rédige des billets sur le thème chiner sa bibliothèque dans lesquels je chronique mes trouvailles littéraire en vide-grenier. Mais lorsque je chine il est très rare que je ne ramène que des livres, je chine aussi des objets issus de la culture geek et de la culture populaire et ces trouvailles là je les chronique sur mon autre blog. Pour le moment je m’y retrouve en jonglant ainsi même si c’est parfois un peu frustrant de cloisonner. Et puis en faisant les vide-greniers je tombe aussi sur des objets qui n’entrent pas dans l’une de ces deux cases arbitraires auxquelles j’essaie de me conformer. Si je parle de cette dichotomie et de ses limites ce n’est pas anodin, c’est parce que j’ai décidé de créer un compte Instagram dédié à mes trouvailles de chine et mes butin de vide-grenier : Black_Brocante.

Au travers de ce fil Instagram je vais partager mes trouvailles évidemment mais j’espère si je parviens à me constituer une petite communauté pouvoir échanger, donner ou vendre certaines pièces que je chine. Le but n’est pas de faire du profit mais plutôt éviter de m’encombrer et créer un roulement dans la déco. Souvent le plaisir de chiner un objet est plus grand que le plaisir de le posséder, donc si mes trouvailles peuvent parler à d’autres personnes et trouver une place de choix dans leurs vies ou dans leurs collections je serai vraiment content de m’en séparer.

Après la première saison de chiner sa bibliothèque je vais d’ailleurs me séparer de quelques ouvrages qui ne me plaisent plus ou pas et que souvent j’avais chiné par défaut pour ne pas rentrer bredouille. Vous vous en doutez sûrement, je vous invite à me rejoindre sur ce compte, à me suivre et à partager autour de vous le label Black_Brocante (oui je m’enflamme un peu).

Chiner sa bibliothèque #HorsSérie : La Black_Brocante

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Rédigé par Monsieur Ray

Publié dans #chinersabibliothèque, #chiner, #brocante, #videgrenier, #vide grenier

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